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ENTRETIEN AVEC LE CHANTEUR CHAOUI DJAMEL SABRI (DJO)

Djamel Sabri, dit Djo, chef de file du légendaire groupe les Berbères, car c’est de lui qu’il s’agit, nous ouvre son cœur, son temple, son chez lui à Bougui (lire Oum El-bouaghi) où l’histoire du groupe et l’histoire de la ville sont étroitement liés. L’enfant terrible de Makomades semble faire partie du patrimoine aussi bien physique que moral de la ville et même de la région, et toute la cité le lui rend bien. Au café Khaliss, autour d’un café bien chaud, par un matin frileux de février, nous avons fait le chemin inverse d’une carrière exceptionnelle, celle d’un artiste militant, dont l’audace et la hardiesse n’ont pas de limites, pour devenir synonyme de défi, et cris quand il était interdit de rêver. Un entretien qui vire au dialogue amical, au monologue, au soliloque, à notre grand plaisir.

Le Soir d’Algérie : Depuis toutes ces années de combat, d’interdits, d’occultation… est-ce que vous vous êtes habitué ou du moins vous avez compris que c’est comme ça et pas autrement ?
Djo : Jamais, je n’ai jamais accepté le fait accompli et ce n’est pas maintenant que je vais le faire, pas à mon âge. J’ai connu le zèle et les zélateurs dès mon jeune âge. On m’a interdit la scène quand j’avais 11 ans, à l’époque de la fameuse émission «El Hadika Essahira» (le jardin enchanté). J’avais eu le tort et le malheur d’avoir voulu chanter une chanson en berbère (chaoui) Yemma El-Kahina. J’ai repris la chanson et en mieux à l’âge de 20 ans, et tu connais le succès de ce titre, pour te dire qu’il ne faut jamais abdiquer, car souvent – si ce n’est pas toujours – on a affaire à des subalternes, qui rajoutent pour plaire à leurs chefs. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et le temps me donne raison et sans me prendre la tête, encore moins m’habituer, à l’art sur commande.
Les mélomanes ont remarqué ton absence à la dernière édition du Festival de la chanson chaoui qui a eu lieu à Batna, au mois de janvier dernier. C’est dû à quoi ?
Rire. L’une des deux : ou je ne chante pas chaoui donc pourquoi m’inviter, ou je ne rentre pas dans un gabarit, une sorte de mesure, pour pouvoir prendre part à ce fameux festival. Je pense que c’est à la deuxième catégorie que j’appartiens. Entre nous, même invité je ne serai pas allé. La chanson chaoui (berbérophone) est devenue un tiroircaisse pour se servir sans jamais servir la culture millénaire, la nôtre. Moi, je ne mange pas de ce pain ; je ne me mélange pas à ça. Je sais aussi que certains jongleurs reprennent mes chansons sans mon autorisation. Je ne m’inquiète pas, ce ne sont que des imitateurs. Sans plus. Je n’ai rien à prouver, bien au contraire. J’ai appris et depuis longtemps qu’il y a une sacrée différence entre l’acte culturel et le remplissage, je ne lâche pas prise, je n’abandonne pas. Le respect se mérite.
Tu sembles venir ou sortir du passé, anachronique même, tu ne trouves pas ?
Peut-être bien mon ami. J’aime bien le passé ; je m y attache et en fin de compte, chaque instant est un pas vers la fin, pourquoi s’enflammer pour l’instant ? La flamme est en moi, je le sais. Un monde qui va vers l’illusoire ne m’intéresse pas. Si on parle musique, les proxénètes de la boîte à rythme se font appeler musiciens. Or, beaucoup, un bon nombre, ne font pas la différence entre rythme et tempo, le pouvoir de l’image, le financement de l’analphabétisme, gonfle les rangs des faux et le polaroid est maître. Je passe à la télévision, donc je suis.
Tu ne passes pas à la télévision justement, pourquoi ?
Tu te trompes d’interlocuteur, cette question est à poser aux responsables de la télévision. Et je ne te garantis pas qu’ils aient réponse ou réponses. Là aussi il y a une trame, et je ne rentre pas dans celle-ci. Je fais mauvais genre je crois, un peu mauvais garçon, je chante en berbère. Or, les gens ne le comprennent pas. On me demande de diluer, édulcorer. Et je le refuse. C’est à prendre ou à laisser. Cependant, il y a une chanson qu’on dit chaouia qui passe à la télévision, et moi qui est chaoui, je ne la comprends pas (mort de rire), Massinissa doit se retourner dans sa tombe. Quand j’entends ce genre de balivernes, je sue et j’ai honte. Il me vient à l’esprit le dernier album : Ajnouth aghmraïth( nuage intrus) : «ش Dieu pourquoi ces années de disette, pourquoi les saisons infécondes. L’obscurité est opaque et la médiocrité règne. Nous te prions Dieu, les mains levées, ô Dieu décharge-nous de ce poids Toi le Tout-Puissant, nous ne pouvons et nous devons accepter la soumission… » Je ne sais pas si un jour ils vont finir par comprendre, qu’un texte n’est pas une suite de mots, ou rime, mais plutôt une âme.
On doit quand même reconnaître que quatre albums pour une vie artistique c’est peu, depuis Yemma El-Kahina…
Quand je n’ai rien à dire, je ne dis rien, sinon au bout c’est la bêtise. Je ne fais que ce que j’aime, j’arrête net, dès que ça ne me plaît plus. Je suis très cœur, si je puisse dire, les hanches ce n’est pas mon truc. Je ne vends pas, je témoigne et je donne, sans attendre une contrepartie, ça ne veut pas dire que je suis gentil, c’est juste un principe. Nous avons formé le groupe les Berbères à Oum-El-Bouaghi dans les années 1980, je peux te garantir qu’à l’époque, certains de nos fans, ici ou à travers les Aurès, n’ont pas vu de toute leur vie une guitare électrique et c’était ça le défi. Ouvrir une brèche, montrer la voie, donner de la voix et crois-moi ce n’était pas une partie de plaisir. Parlez en chaoui, c’était mal vu, alors chanter relève du blasphème et pourtant c’est ce que nous avons fait, haut et fort, vaille que vaille. A l’époque, la mouhafadha du parti unique nous traitait de tous les noms d’oiseaux, c’était dur de supporter l’anathème sans pouvoir répondre, car nous n’avions pas d’autres espaces d’expression. Oui c’est peu, très peu, quatre albums depuis 1980, mais il faut le faire, en respectant le contexte, tu vas y laisser ta chemise mon jeune ami.
C’est pour quand le nouvel album ?
اa vient, il faut être patient. C’est un peu le poulet de grain et celui de la batterie, si tu veux de la qualité il faut travailler et donner le meilleur de soi-même. Le groupe reste fidèle et sincère, nous refusons de tomber dans la facilité et la boîte à rythme. Nous avons des textes, aussi bien les miens, que ceux de notre parolier El Hadj. Pour le moment, on ne s’est pas fixé une date de sortie de la nouvelle bobine, nous travaillons dessus au temple (local du groupe) et avec les moyens de bord. Du rêve, de l’amour, du pays, de l’espoir… Voilà ce que je peux te dire de la future bobine.
Les responsables des festivités et fêtes ont pris la décision de ne plus faire venir les stars égyptiennes aux différentes manifestations, qu’est-ce que vous en pensez ?
Il faut lire Jean de la Fontaine, le Corbeau et le Renard aussi bien l’ancienne que la nouvelle version. Moi je mange du frais, jamais de réchauffé. Les responsables des fêtes ou feintes (rire) toute honte bue croient pouvoir nous leurrer par ce coup d’épée dans l’eau. Ils ont invité des quidams qu’ils ont nommés stars ( moutrab el kabir) à qui ils ont versé des millions et des millions, par complexe d’infériorité, en se cachant derrière la fraternité et autres chimères, mais les masques sont tombés. Les stars en ersatz se sont bien moquées de nos respectables et respectés représentants, qui jurent de ne plus se faire avoir, mais c’est trop tard. Loin de la lumière et des feux de la rampe, des artistes dans le Grand Aurès ont été occultés du Festival de Timgad, qui se passait chez nous, rien que pour céder la place aux «derviches». Nous ne l’oublierons jamais.

R. H.

Propos recueillis par Rachid Hamatou
LE SOIR D’ALGERIE

Vedette

SAUVEGARDONS IMEDGHASSEN

IMEDGHASSEN

IMEDGHASSEN

IMEDGHASSEN « Le Medracen »
C’est un tumulus (bazina , lybyco-numide propre à l’Afrique du Nord) situé à 40 km de Batna, dans la plaine d’El Mader. Son nom tire probablement son origine d’un des ancêtres légendaires des libyens nommé Madghis. C’est le plus ancien des monuments funéraires de Numidie, on le date de la fin du IVème siècle av J.C.
De nos jours le mausolée Imedghassen
subit le pire des abus tant humains qu ‘environnementaux sans que
personne ne lève le petit doigt. Seul les échafaudages pourraient nous laisser croire à sa prochaine restauration. Malheureusement les clichés pris en février 2008 ressemblent étrangement à ceux de cet été 2008. Sans doute que les intempéries depuis cet hiver ont accéléré à déconsolider ce monument, les piliers vont finir par engloutir le Medracen.

Merci a Shawi du blog wa3rad-nella pour la transcription du texte :

*Aqbor Med’ghes*

aqbor Med’ghes yella zdeT n tlaliT n Aissa aqbor med’ghes yella zdeT n
tlaliT n Aissa Terwa n tmurT ggumen u’ekhsench Tid’et et ban churness
imawen d?ighsen …… sehwan iqalmen ze3ma akd nechnine gherna itbiben,
d’ les avocats d’ yud’en yiqran ze3ma akd nechnine gherna lajwaj bedden
qquren yewwihen u 3ajjej wa shawi , Tattud’ Tattud’ wa shawi , Tattud’
Tattud’ wa shawi, Tattud’ L’histoire

aqbor Med’ghes yella zdeT n tlaliT n Aissa ay aqbor med’ghes, tghucheche
Terwa n tmurT wallen d’ibarheche jjinenegh gher wud’en ……….
………….. iwala d’laqmech lukane Tusid d’aqbor n yen nsen a chek at cha3ad’ d’i tv d’ ljurnan lukane Tusid’ d’aqbor n yen nsen a chek d’i
iTri awma seg iTren wa shawi, Tattud’ Tattud’ wa shawi, Tattud’ Tattud’
wa shawi, Tattud’ amezruy.

TIMGAD LES DEGATS DU FESTIVAL

THËATRE ANTIQUE

THËATRE ANTIQUE

APRES FESTIVAL

APRES FESTIVAL

FIN FESTIVAL

FIN FESTIVAL

DANSER MAINTENANT…

Le rideau est tombé (au sens propre) sur la dernière soirée du dit festival international de Timgad( édition x) l’heure est aux bilans. Ça tiens de l’impossible car il n y a aucun chiffre, aucune donné, pour faire ou réaliser le moindre diagnostic, à part peut être constaté les dégâts de toutes sortes, et surtout les préjudices causés au sein de la ville antique et plus particulièrement au théâtre antique, sur le mur de soutènement. Après le brouhaha et vacarme nommé festival, la ville retrouve un soupçon de calme et de quiétude, mais avec des dégâts et stigmates visible à l’œil nu.

Si les services d’hygiène, d’embellissement, de surveillance, de garde, de la mairie de Timgad, sont mobilisés bien avant le départ et l’ouverture du festival, mais surtout pendant le festival, la ville de Timgad, ne touche pas UN DINAR des rentrées (si rentrées il y a) de la caisse du festival, pour la simple raison, que le fête est organisée certes à Timgad, mais n’appartient pas à la localité. C’est l’office national des fêtes (les moqueurs disent feintes) qui empoche le pactole. Ce n’est pas X FILES mais le festival international de Timgad.

les responsables se contentent de formules bien intentionnées, sans trop se prononcer ou sans se prononcer du tout, ce n’est pas le cas, des membres de l’association des amis de Timgad, qui eux n’ont pas attendu la fin du CARNAVAL (comme ils disent) pour tirer la sonnette d’alarme, mais surtout tirer à bouler rouge, sur l’idée même de l’organisation d’un festival , sur un site en souffrance, après les vols , les pillages subit, et bien sûr les éditions précédentes, dans les préjudices sont irréversibles, les organisateurs , font la sourdes oriels, n’écoutent personnes, en dépit des alertes et avertissement , des plus hautes instances universel, et associations mondialement connues et reconnue, pour les combats menés afin de préserver le patrimoine universel, dont Timgad fait partie. Peine perdue le festival a eu lieu, et aura certainement lieu, dans la même cacophonie, désordre et casse. Il y a cette esprit de quartier ou de Houma( je ne vise personne) qui fait croire aux organisateurs du festival, ceux qui viennent( qui descendent d’Alger) qu’ils disent , nous sommes en Algérie profonde ( PARDI) et chaoui de surcroit : Nous sommes EDOULA , combien même THAMUGADI( corrige moi stp M HADDAD) est patrimoine international, on la gère comme un parking sauvage et c’est le cas.

C’est loin des regards de certains vigiles saisonniers , qui travaillent à l’intérieur de la ville antique, mais qui ne semblent s’intéresser qu’a la chasse aux couples, au lieu, d’ouvrir l’œil, pour débusquer de nouveaux braconniers, les voleurs de la mémoires, qui opèrent à la lumière du jour, et qui n’hésitent point à creuser, à la recherche de prétendus trésors. Qu’un jeune élément de l’association de Timgad, nous guide. Il nous mène au musées fermé depuis une dizaine d’année, il n’a plus rien à étaler ; les pièces les plus précieuses ont étés dérobées, et ce ne sont certainement pas des sanctions à la va vite, qui vont restituer les pièces rares. Derrière le théâtre antique une hécatombe, qu’on prend soin de cacher, comme une plaie. Des éboulements, causer par les spectateurs qui débordent, le nombre de personne peut atteindre 5000 spectateurs et même plus, alors qu’en réalité, il n y a que 700 places. En cas d’incidents grave, qui va assumer, personne ne sait. Une ancienne galerie, transformée en lieu de soulagement (voir photo) le temps d’un festival et la liste des aberrations et langue, trop langue. Il n y a pas l’ombre d’un doute, à ce train, et rien n’indique que ça va changer, l’Aurès, considéré comme un musée à ciel ouvert, est entrain de perdre ; des empreintes laissées par l’Homme depuis la nuit des temps, le tombeau Imedghassen ( tombeau berbère) en souffrance après des travaux douteux, Timgad subit les affres à chaque festival, et bien d’autres lieu de mémoire, livrés à eux-mêmes , où les pilleurs agissent en toute impunité. On n’est pas loin, mais en plein fable (la cigale et la fourmi) si nous continuons à chanter à Timgad, arrive un jour ou nous danserons, mais sur les décombre. Qu’on se le dise.

 

Rachid HAMATOU

Introduction à la littérature berbère Abdellah Boufour

abdela-boufour.jpg Cet ouvrage est le premier d’un triptyque. Il a pour objectif de faire le tour des questions littéraires importantes de la poésie berbère : la terminologie, les genres poétiques, la métrique et la rythmique. L’auteur propose aussi une analyse des poésies chleuh, kabyle, rifaine et tamazight.