BATNA la silicose tue encore

… Les habitants de T’kout, en particulier les tailleurs de pierre, n’espèrent plus rien. Douleur, angoisse, peur, solitude et décès sont devenus le quotidien de ces malheureux, face à ce mal qui s’est abattu sur toute une population : la silicose.

Située à plus de 80 km au sud de la wilaya de Batna, T’kout, au relief accidenté, donne un aspect de ville déshéritée.
Depuis plus d’une quinzaine d’années, la maladie de la silicose fait des ravages chez les jeunes tailleurs de pierres.Le nombre de morts est de plus en plus élevé.
Les jeunes tailleurs de pierres, qui exercent ce métier à haut risque, se déplacent aux quatre coins du pays (Alger, Sétif, Oran, Annaba…) pour travailler à leur compte, dans la majorité des cas, sans protection ou affiliation sociale et, dans la quasi-totalité des cas, sans protection aucune contre la poussière engendrée par la taille des pierres (la silice), activité qui nécessite un matériel de protection adéquat (cabines ventilées, tronçonneuse équipée d’un système d’abattage de la poussière à l’humidité). Aujourd’hui, on compte 63 décès, rien que dans le chef-lieu de la commune et 10 dans les agglomérations limitrophes. Pas moins de 32 femmes se sont retrouvées veuves avant même d’entamer la trentaine et 75 enfants deviennent orphelins du jour au lendemain. Pis, ces derniers ne bénéficient d’aucune indemnité, car les artisans tailleurs, de leur vivant, exerçaient leur métier sans aucune couverture sociale ni affiliation (embauchés au noir) ni d’aucune autre forme d’aide de l’état. Aussi bien les tailleurs de pierres que leurs familles considèrent cette forme d’indifférence des autorités comme une ultime punition à titre posthume.
“Mon mari travaillait pour subvenir aux besoins de la famille, il est resté des années durant en chômage, il y avait des jours où l’on n’avait pas de quoi acheter un sachet de lait. Aujourd’hui qu’il n’est plus de ce monde, on lui reproche d’avoir travaillé au noir, mais on ne fait rien contre ceux qui l’ont exploité et qui continuent à le faire avec d’autres jeunes hommes”, nous dira une jeune veuve et mère de trois enfants en bas âge. Au village, on parle de hauts responsables et même de députés de la région, qui ont construit des villas à la pierre taillée et qui ont embauché au noir des jeunes de T’kout, dont certains sont morts.

Verront-ils un jour  le bout du tunnel ?
A la direction de la santé publique de Batna, ce dossier de la silicose et des tailleurs de pierres de T’kout est considéré comme lourd et sensible, mais n’avance pas pour autant. Interrogé à ce sujet, le docteur Abdesselam dira : “Il est temps de faire une approche multidisciplinaire, pour la simple raison que ce souci est à la fois médical, social et professionnel… Il y a plus de 925 tailleurs de pierres recensés et hélas ! ce sont des malades potentiels, il n’est plus possible de parler uniquement de sensibilisation et de vulgarisation, car le mal est fait, nous avons du travail en aval et en amont. Puisque la maladie est incurable, il faut s’attendre à d’autres décès (hélas !). Bien sûr, il faut penser à la prise en charge des malades et leur suivi. Par contre, les familles (veuves et orphelins) des victimes de cette maladie formulent d’autres exigences, qui ne relèvent pas du secteur de la santé, en l’occurrence les indemnisations.C’est pour cette raison que je vous parle d’une approche pluridisciplinaire.”
Des journées d’études ou de sensibilisation, les conférences des spécialistes, selon les propos des proches des victimes et des malades alités (sous oxygène), n’intéressent plus personne, car ce n’est d’aucune utilité.Pis encore, une perte de temps et d’argent, toujours selon nos interlocuteurs. Côté juridique, le dossier semble tituber sans réelle avancée.
“Le décret exécutif n°10-201 du 30 août 2010, relatif aux mesures particulières de prévention et de protection des risques liés aux travaux de taillage et de polissage des pierres, promulgué et publié au Journal officiel n°51 de septembre 2010, n’a pas traité l’approche sociale et matérielle revendiquée par les familles des victimes de la silicose”, nous dit maître Koceila Zerguine (avocat à la cour de Annaba et membre du conseil national de la LADDH (Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme).
“A la LADDH, nous comptons très prochainement demander une audience auprès de l’APN (Assemblée populaire nationale) pour proposer la création d’une caisse nationale qui porte une aide sociale et matérielle aux ayants droit des tailleurs de pierres (veuves et orphelins) de T’kout et de ses environs. Par ailleurs, nous organiserons une caravane de solidarité au profit des victimes des tailleurs de pierres, probablement au mois de janvier prochain. Annaba sera le point de départ de la caravane”, dira notre interlocuteur, concernant les futures démarches de la LADDH.
Rachid HAMATOU

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TAILLEURS DE PIERRE de T’KOUT (BATNA) (via AURESSIENNE KAHINA TAMAZIGHT)

D’abord je voudrais informer  qu’ il y a eu un écho à notre initiative (Koceila Zerguine et Rachid Hammatou) publié le 07/08/2010 au journal « LIBERTE » à propos d’une loi en faveur de tailleurs de
pierre , puisque le premier ministre Mr Ahmed OUYAHYA l’a promulgué par un décret
exécutif le 30/08/2010 juste 23 jours après la publication du dit article , une
loi relative a la protection des tailleurs de pierre :
actualités sur la presse nationale (le SOIR , L’EST , MIDI LIBRE la première page….)

TAILLEURS DE PIERRE de T’KOUT (BATNA) La Ligue des droits de l’homme s’en mêle Par : RACHID HAMATOU Lu : (269 fois) Dans un communiqué, la LADDH (Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme) et par la voix d’un de ses représentants, Me Kouceila Zerguine (avocat à la cour de Annaba et membre du conseil national de la LADDH, chargé des affaires juridiques au niveau de la section de la wilaya de Annaba) se prépare à saisir les présidents … Read More

via AURESSIENNE KAHINA TAMAZIGHT

Reflet culturel : le tombeau d’imedrassen en dégradation avancée

tombeau Numide

Le tombeau d’Imedrassen, situé à Batna et datant du début du Moyen Âge, se trouve dans un état de dégradation indescriptible. Les agressions sont diverses. Outre les effets altérant du temps et ceux liés à la corrosion par les éléments climatiques (le vent, les tempêtes, la neige, la pluie), il y a eu également la main « sauvage » de l’homme, ce pillard des sépultures anciennes en quête de trésors enfouis. Mais ce qui désole le plus, ce sont les interventions commandées dites techniques et scientifiques et chèrement rémunérée, confiées officiellement à des entreprises sensées ête référencées et spécialisées dans la réfection des sites historiques. C’est ainsi que les travaux ont été confiés, dans une premier temps, à une entreprise italienne qui n’a rien trouvé de mieux à faire que de ravaler des pans entiers du tombeau en projetant du béton, le défigurant totalement.
Après ce premier et lamentable échec, les travaux ont été confiés à nouveau à un organisme algérien plutôt spécialisé dans la restauration et l’entretien des casbahs, vestiges relativement récents et datant de l’époque coloniale turque. Après quelques interventions non concluantes infligées au tombeau, l’organisme a dû se retirer car non professionnel dans la restauration des sites historiques allant de la préhistoire au Moyen âge qui naturellement nécessite et exige la maîtrise des techniques et connaissances adéquates avec la science architecturale de l’époque.

dégradations

tombeau Numide

Cet aventurisme hasardeux, aggravé par une inconstance déconcertante révèle toute l’indifférence et la légèreté avec lesquelles sont traitées les riches oeuvres historiques et culturelles de notre pays. Les tutelles, les autorités locales en charge de la mission de restauration, de préservation et d’entretien des sites historiques et préhistoriques semblent nettement désintéressés de cette responsabilité et lui préfèrent de s’engager plutôt sur de gigantesques et budgétivores chantiers folkloriques, au sens aléatoire du terme, pendant qu’aucun chantier culturel ne retient leur attention de devoir.
vous avez dit travaux de restauration ?

En attendant « Godot », le tombeau d’Imedrassen continue de s’écrouler lentement au vu et au su de tous emportant à jamais une riche page de notre histoire.
Par Abdelnnour Abdesselam
Liberté 30.11.2009

Consolidation ?

Tombeau Numide

Vedette

SAUVEGARDONS IMEDGHASSEN

IMEDGHASSEN

IMEDGHASSEN

IMEDGHASSEN « Le Medracen »
C’est un tumulus (bazina , lybyco-numide propre à l’Afrique du Nord) situé à 40 km de Batna, dans la plaine d’El Mader. Son nom tire probablement son origine d’un des ancêtres légendaires des libyens nommé Madghis. C’est le plus ancien des monuments funéraires de Numidie, on le date de la fin du IVème siècle av J.C.
De nos jours le mausolée Imedghassen
subit le pire des abus tant humains qu ‘environnementaux sans que
personne ne lève le petit doigt. Seul les échafaudages pourraient nous laisser croire à sa prochaine restauration. Malheureusement les clichés pris en février 2008 ressemblent étrangement à ceux de cet été 2008. Sans doute que les intempéries depuis cet hiver ont accéléré à déconsolider ce monument, les piliers vont finir par engloutir le Medracen.

Merci a Shawi du blog wa3rad-nella pour la transcription du texte :

*Aqbor Med’ghes*

aqbor Med’ghes yella zdeT n tlaliT n Aissa aqbor med’ghes yella zdeT n
tlaliT n Aissa Terwa n tmurT ggumen u’ekhsench Tid’et et ban churness
imawen d?ighsen …… sehwan iqalmen ze3ma akd nechnine gherna itbiben,
d’ les avocats d’ yud’en yiqran ze3ma akd nechnine gherna lajwaj bedden
qquren yewwihen u 3ajjej wa shawi , Tattud’ Tattud’ wa shawi , Tattud’
Tattud’ wa shawi, Tattud’ L’histoire

aqbor Med’ghes yella zdeT n tlaliT n Aissa ay aqbor med’ghes, tghucheche
Terwa n tmurT wallen d’ibarheche jjinenegh gher wud’en ……….
………….. iwala d’laqmech lukane Tusid d’aqbor n yen nsen a chek at cha3ad’ d’i tv d’ ljurnan lukane Tusid’ d’aqbor n yen nsen a chek d’i
iTri awma seg iTren wa shawi, Tattud’ Tattud’ wa shawi, Tattud’ Tattud’
wa shawi, Tattud’ amezruy.