Le vent des Aurès


Kaïs, le village urbanisé où vivait Cheikh Ali el Khencheli, est situé à une vingtaine de km de khenchela, en plein pays berbère chaouia. Il se rattachait jadis à la commune mixte de khenchela et ressemblait, dans sa morphologie et son organisation sociale, aux autres villages de l’Aurès.

Selon la configuration de Léon l’Africain, l’Aurès déborderait de loin sa géographie linguistique actuelle. Le quadrilatère Batna-Khenchela-Biskra-Khangat Sidi Nadji délimite un territoire où vivent des populations qui descendent de tribus fort variées.

Les souches chaouias ne sont plus nombreuses. Dans l’oued Abdi, qui reste la région la plus berbérisée de l’Aurès, on compte aujourd’hui beaucoup de tribus arabes berbérisées, comme les Bni Bou Slimane.

Le terme chaouia, apparu à peu près au XIVe siècle, a en arabe le sens de « pasteur ». Bien que les Chaouias soient des éleveurs de moutons, leur mode de vie reste sédentaire. Les thaquelathin (villages) de l’Aurès sont construits sur des pitons, comme en Kabylie. L’organisation juridique et sociale est régie par la jama’a, composée d’imokranen (assemblées d’anciens de moralité et d’ascendance nobles), élue ou désignée par un ensemble de tribus.

Le dialecte berbère de l’Aurès, deuxième d’Algérie par son importance démographique, a tendance à se raréfier, et les jeunes générations ne le pratiquent plus. Quatre grande zones d’influence linguistique existent encore : à une trentaine de km de Constantine, la zone qui va d’Ain M’lila et de Khroub à Oum el Bouagui et à Aïn el Beïda est considérée comme le territoire des Herakta. Les Nemencha et une partie des Hanencha se trouvant au sud de Khenchela et de Tebessa délimitent la deuxième zone. L’Aurès d’Ouled Abdi, les gens de Nara et de Menaa, et anciennement les Touaba et les Aoudça, les Daouaouda et les Oudjana dans le Chéléa circonscrivent une troisième zone. La quatrième zone, la moins berbèrisé, se trouve à l’ouest de Batna en remontant vers Sétif.

Les parlers chaouias sont très proches de ceux du reste de l’Algérie. Le phonétisme chaouia présente les caractéristiques générales des parlers berbères de l’Afrique du Nord, à savoir un système vocalique ternaire (a, i, u)sans opposition de durée, avec une voyelle centrale neutre non phonologique et un système consonantique dont la spirantisation généralisée des occlusives est marquée dans un certain nombre de morphèmes par un simple souffle laryngal (h).

Dans les chansons en berbère chaouia et cet enregistrement, le mélange de l’arabe et du berbère apparaît de plus en plus fréquemment, de même que les formes syntaxiques ne correspondant pas aux règles du dialecte chaouia. A ce sujet, Cheikh Ali el Khencheli évoque le fait que la spontanéité des chouara (poètes-compositeurs) dont lui même fait partie impose un mixage entre l’arabe et le berbère qui, certes, déforme ces règles mais donne une puissance de diction et une poésie évidentes.le vent des aurès

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