TAILLEURS DE PIERRE de T’KOUT (BATNA)

La Ligue des droits de l’homme s’en mêle
Par : RACHID HAMATOU
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Dans un communiqué, la LADDH (Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme) et par la voix d’un de ses représentants, Me Kouceila Zerguine (avocat à la cour de Annaba et membre du conseil national de la LADDH, chargé des affaires juridiques au niveau de la section de la wilaya de Annaba) se prépare à saisir les présidents du Conseil de le nation et de l’Assemblée populaire nationale (APN) dans l’objectif initial de proposition d’une loi qui octroie aux familles des tailleurs de pierre de T’kout, le droit au capital-décès ainsi que la prise en charge sociale des orphelins et veuves des victimes de la silicose. La LADDH propose la création d’une caisse nationale spéciale pour les travailleurs non affiliés à la Cnas et qui décèdent lors d’accidents ou à l’occasion de l’exercice de leur travail. Selon le communiqué, le ministre de la Solidarité, ainsi que celui du Travail, seront aussi saisis, d’une manière officielle par la LADDH afin de leur demander une prise en charge dans les meilleurs délais, par l’attribution d’aides. Pour rappel, la ville de T’kout, 90 kilomètres au sud de Batna, est la lugubre scène d’une hécatombe rare, sinon unique. Depuis toujours, les habitants de T’kout ainsi que ceux de toute la région, ont construit leurs propres habitations, ce qui fait de la taille de la pierre un métier très répandu dans la région, et hérité de père en fils. Depuis bientôt dix ans, sinon un peu plus, et comme avec un effet rétroactif ou boomerang, les T’koutis ne cessent de compter leurs morts. La maladie de la silicose fait ravage dans le milieu des artisans tailleurs de pierre qui ont eu un contact direct avec la taille des pierres. En plus de la toxicité propre de la silice sur les poumons, le dépassement des capacités d’épuration pulmonaires par la quantité de silice est à l’origine de la silicose. Selon les spécialistes, la maladie peut dans certains cas se stabiliser mais jamais ne régresse. Il est très important de rappeler que la taille des pierres ne se fait pas à T’kout, mais dans les quatre coins du pays. Les artisans tailleurs sont recrutés par des employeurs sans scrupules, qui les font travailler d’une manière illégale (sans êtres déclarés aux assurances). Quand la maladie est détectée ils sont abandonnés à leur sort. On enregistre à T’kout seule 70 décès, depuis notre reportage sur la silicose dans cette ville (cf notre édition du29 juin 2010), le nombre des veuves a été revu à la hausse, 32 veuves et 73 orphelins au lieu de 70. Aux dernières nouvelles 4 nouveaux décès ont été signalés lors de la dernière quinzaine du mois de juillet.
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