La reconnaissance de l’identité berbère doit-être profonde et en toute ses dimensions


La célébration du printemps Berbère a été longtemps un rendez-vous lié à la commémoration des martyrs de la cause Berbère. Une légitimité payée durant ces dernières escales par des dérives tragiques  ont coûté la vie de 134 citoyens dans les monts des Aurès en 1980  à T’Kout – et 121 autres  durant les manifestations déclenchées suite à l’assassinat du jeune lycéen Guermeh Massinissa  – le printemps noir du 2001 en Kabylie – (d’après la presse nationale  )

Cette revendication  est à l’origine de l’instauration du multipartisme (y compris  les revendications démocratiques des années 80).  Elle inclut le respect des droits fondamentaux de l’homme et de la citoyenneté, une cause qui inspire sa légitimité par  sa justesse.

La revendication identitaire est-elle parvenue réellement à ses beaux jours et aux attentes  d’une grande partie de cette population longtemps soumise à toutes sortes d’inégalités?

Loin de toute polémique et de passion, l’observateur de cette question demeure  convaincu par les acquis concrétisés durant ces dernières années.  La mise en place du H.C.A (haut conseil de l’Amazighité),  d’une chaîne TV Berbérophone et une reconnaissance partielle de la langue Berbère, sont certes une avancée palpable mais  « à pas de fourmi  » ».

Malheureusement ces réformes dépendent toujours des événements  surgissant sur la scène nationale ; or les  décennies qui se sont écoulées nous ont démontré que ces acquis ont été instrumentalisés, tantôt pour  calmer les tensions, tantôt pour stimuler la population  à un rendez vous prévu

Une question qui aurait du prendre des dimensions et visions loin des intérêts proprement politiques , et cela nécessite bien évidemment une volonté bien intentionnée à mettre fin à l’ inégalité  actuelle.

Cependant le paradis n’est jamais loin de l’enfer, la création de ces instances n’est que l’arbre qui cache la foret, le H.C.A se transforme malheureusement en une coquille vide, faute de moyens financiers et de prérogatives claires, l’absence d’un  président depuis plus de 6 ans et les multiples  problèmes qui ne trouvent toujours pas de solution, ce qui empêche de jouer pleinement le rôle pour le quel il a été créé. Ce problème risque de finir au même résultat que pour le Conseil supérieur de la langue Amazighe et notamment pour l’Académie de langue amazighe promise  lors de la dernière compagne électorale par le présidant élu.

La langue berbère se contente  d’être seulement une langue nationale (article 3 bis de le constitution) nonobstant la dernière révision de la constitution en 2008, au lieu d’être une langue officielle au pied d’égalité avec la langue arabe. Au même moment  des textes réglementaires voient le jour l’un après l’autre pour la consolidation de cette dernière  (le  décret 81/28 du 070/3/1981 relatif à l’arabisation de l’environnement , la loi de 91/05 du 01/01/1991relative à la généralisation de l’utilisation de la langue arabe) sans évoquer  le code de l’état civil  qui continue d’être en vigueur avec un contenu critiquer souvent pour l’ambiguïté et la généralité de ces textes pour ne pas dire l’absence totale vis-à-vis  cette question , un vide qui se traduit  malheureusement par de multiples procès enregistrés chaque année, suite à un refus d’inscrire ou d’octroyer un prénom amazighe aux nouveau nés, cela a lieu aussi au moment où des prénoms occidentaux et autre sans signification s’inscrivent quotidiennement les bras ouverts  et sans le moindre souci, un paradoxe qui ne trouve toujours pas d’issue !

L’enseignement de la langue berbère se fait, comme c’est le cas pour sa reconnaissance, partiellement, dans des régions reculées et bien déterminées, une vision qui aurait du être revue dans les plus brefs délais afin d’établir  un calendrier pour la généralisation de cette langue maternelle aux quatre coins du pays. Le rapport du CERD classe la langue berbère parmi les 70 langues au monde , en voie de disparition, cette réalité est déjà vécue  dans un pays voisin (la Tunisie) , et on appelle cela ironiquement « l’intégration des berbères dans la culture arabe » ; ce rapport alarmant doit obliger les uns et les autres par obligation morale et de part leur part de responsabilité à élaborer efficacement une stratégie sérieuse pour préserver et promouvoir cette richesse linguistique

Cela concerne aussi l’enseignement de l’histoire ancienne et contemporaine, qui doit être réécrite objectivement et de façon complète ; or de nos jours la  civilisation numide est évoquée dans nos écoles en quelques bribes et timidement. L’épopée d’EL Kahina (Dihya) ou celle de Aksel  ne dépasse pas les quelques lignes (la naissance et la mort de ces derniers), » bien sûr«  il faut contenter une poignée de « new islamistes », ceux qui se sont manifesté pour contester l’édification de la statue de cette glorieuse  reine des Aurès dans la commune de Baghey  (wilaya de Khenchela).

Une réalité amère certes, mais non une fatalité qu’on doit subir les bras croisés.

Par maître : ZERGUINE Kouceila

Avocat près la cour d’Annaba

Membre du conseil de la LADDH

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