Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ- 3 ° FESTIVAL CHAOUI MARSEILLE 2010 -Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ-

festival chawi

°★° 3° édition – FESTIVAL CHAOUI – Samedi 17 Avril 2009°★°
°★ ° ★° Après le succès des deux éditions précédentes,

LE FESTIVAL CHAOUI MARSEILLE !!

est devenu le lieu ou se retrouve les fans de culture Chaoui, nous réitérons, cette évènement culturel qui a réunis plus de 1500 personnes venant de tout l’hexagone .°★ ° ★°

°★° cette année MAM’S PROD vous prépare de nombreuse surprises °★°

Nous vous garantissons un gala haut en couleurs avec une scène artistique jamais mise en place en France bientôt plus d’infos sur nos invités .

Cette édition FESTIVAL CHAOUI 2010 sera enrichie par une exposition de bijoux Berbères , un défiler de tenues traditionnelles Chaouia ainsi qu’un ballet de danse Berbère avec la participation de l’Association AKT et la troupe Magie D’orient.

Vous êtes conviés à un voyage musical et culturel de Marseille aux Aurès avec le meilleur de la musique Chaoui.

★°•° ★ – News – POSSIBILES DEPART PARIS & LYON !!! ★°•° ★

°★° Infoline – 06 28 52 62 32 °★°

PAF : 25 € en prévente (Point de vente prochainement communiquer )
30 € sur place

Publicités

CULTURE OUVERTURE DU FESTIVAL INTERNATIONAL DES ARTS DE L’AHAGGAR Que la fête commence!


Des projections en soirée de contes populaires ainsi qu’un concours de poésie, sont prévus au cours de ce festival.

Un festival international des arts de l’Ahaggar «Tin Hinan-Abalessa» s’est ouvert lundi à la salle Dassine de la Maison de la culture de Tamanrasset. Le commissaire du festival et directeur de l’Office national du parc de l’Ahaggar (Opna), M.Farid Ighil Ahriz, a indiqué que cette manifestation, dans sa première édition, rend compte de la diversité du legs immatériel de la région. Sa promotion au rang de festival, institutionnalisé par les pouvoirs publics, entre dans le cadre d’un soutien «clair» en direction des organismes qui gèrent le patrimoine matériel et immatériel national, dont l’Opna, a-t-il ajouté lors de la cérémonie d’ouverture à laquelle ont assisté, outre les cadres et élus locaux, des représentants du corps diplomatique accrédité à Alger. Dans un message de la ministre de la Culture,
Mme Khalida Toumi, son représentant, M.Mourad Betrouni, a souligné l’aspect «mémoire» qui a été pris en compte dans l’institutionnalisation de plusieurs festivals à l’échelle du pays, en vue de mettre en valeur le patrimoine matériel et immatériel culturel national.
Le wali a évoqué, de son côté, l’aspect non seulement régional mais également international de la rencontre d’Abalessa-Tin Hinan, qui est, a-t-il dit, une occasion de faire découvrir et apprécier l’authenticité de la culture de la région.
Au programme du festival, qui se déroule simultanément à Tamanrasset et Abalessa du 15 au 20 février 2010, figurent des conférences-débats à la Maison de la culture de Tamanrasset, animées par des chercheurs et des universitaires algériens et étrangers, sur des thèmes liés au legs ancestral des populations touarègues.
Un village d’ateliers divers d’artisanat traditionnel se tiendra dans la commune d’Abalessa, site du tombeau de la reine touarègue Tin Hinan, ainsi que des soirées de chants et des projections cinématographiques. Parmi les particularités du Festival international des arts de l’Ahaggar Abalessa-Tin Hinan, des projections en soirée de contes populaires ainsi qu’un concours de poésie. Ce qui n’était au départ qu’une «simple rencontre culturelle» lancée à l’initiative des autorités locales et des amis de l’Ahaggar, a été promu par le ministère de la Culture au rang de festival pour «devenir le rendez- vous annuel autour du patrimoine culturel de la région du Hoggar»’, ont indiqué les organisateurs. La précédente «édition» s’était déroulée sous forme de rencontres tenues du 23 au 25 février 2009 à Abalessa, ont-ils rappelé.

R. C (http://www.lexpressiondz.com/article/3/2010-02-16/73155.html)

FESTIVAL CULTUREL NATIONAL ANNUEL DU FILM AMAZIGH À TIZI OUZOU Mouloud Feraoun ouvre le bal


La soirée d’ouverture de cette manifestation se voudra un bel hommage dédié à ce célèbre instituteur disparu un certain 15 mars 1962 et ce, en projetant un long métrage sur sa vie, signé Ali Mouzaoui.

Se déroulant du 15 au 20 mars prochain, la dixième édition du Festival culturel national annuel du film amazigh (Fcnafa) aura pour point d’attache cette année, Tizi Ouzou. C’est désormais dans cette ville que le festival institutionnalisé se déroulera et nulle part ailleurs. Ainsi s’achève sa longue aventure d’itinérance. Le festival a bien su rendre compte, au fil des années, des objectifs qu’il s’est tracés et ce, avec succès.
Promouvoir le cinéma algérien d’expression amazighe et encourager la création artistique dans cette langue mais aussi sensibiliser le public au cinéma et à l’audiovisuel amazigh dans sa diversité et donner aux créateurs la possibilité de mieux faire connaître leurs oeuvres en assurant la promotion et la diffusion des films amazighs en version originale, sont les quelques objectifs inscrits dans sa ligne de conduite. Il est devenu aussi un lieu propice pour l’échange grâce au débat et l’organisation d’ateliers de formation, en l’occurrence à l’adresse de nos jeunes réalisateurs en herbe. Cette année, une bonne brochette de films des plus récents est au programme. Sans le dévoiler, on relèvera le titre du film qui sera présenté à la soirée d’ouverture. Il s’agit de Mouloud Feraoun de Ali Mouzaoui, une fiction relatant les péripéties de ce célèbre instituteur algérien, le père du Fils du pauvre.
Dans ce film poignant nous découvrirons les trois phases d’évolution de Feraoun campé par trois personnages différents. Le personnage principal sera interprété par Mohamed Chaâban que l’on retrouve dans la peau de Mokrane dans le film La Colline oubliée de Abderrahmane Bouguermouh.
«C’est une personne magnifique, très malléable. Ce qui m’a intéressé ce sont les postures qu’on a réussi à lui faire jouer», avoue Ali Mouzaoui. «Le dialogue, nous apprend-on, vient en support comme accompagnement au film.» Et de faire remarquer: «Feraoun a été repris sur ses trois aspects, Feraoun tel que le petit Fouroulou, puis en tant qu’écolier et enfin Feraoun en tant qu’adulte.»
Le tournage de ce film a duré quatre semaines nous a-t-on appris et ce, de 4 heures du matin à 23 heures. Avant Tizi Ouzou, ce film a été présenté il y a un mois en avant-première à Montpellier. Enthousiaste, le réalisateur souligne les bonnes conditions professionnelles dans lesquelles son film a été projeté et espère qu’il en soit autant en Algérie. «Le film avait été projeté dans un multiplexe en présence de trois témoins qui ont connu Mouloud Feraoun, dont un avait travaillé durant deux ans avec lui et un autre, Philippe Monoyer, avait travaillé comme journaliste de 1948 à 1956. Il avait rencontré Feraoun. La projection a eu lieu en présence d’un public select suivi d’un très bon débat.» Aussi, en plus de cette première sur le film au Festival du film amazigh, un colloque sera organisé et portera sur la vie et l’oeuvre de Mouloud Feraoun. Cela coïncidera avec le 15 mars, date anniversaire de son assassinat par un commando de l’OAS. «Je pense que ce sera quelque chose de très beau! Il y aura également un stand spécialement pour Feraoun où sera exposé tout le cheminement qui nous a conduit au film, dont de photos assez incongrues notamment celle où l’on voit toute l’équipe endormie car le tournage fut épuisant. Des photos de plateaux, énormément d’images et des échos de presse. C’est un professionnel en communication qui nous prépare ce travail», nous fera remarquer le réalisateur de Mimezrane. Ce dernier ne manquera pas de rappeler combien le côté esthétique dans un film compte beaucoup d’autant plus la lumière, le décor, la qualité de l’image et la fraîcheur des comédiens dont beaucoup joueront pour la première fois. «Jouer, dit-il, sur l’aspect plastique du film compte énormément». Mais, chut! Ne dévoilons pas tout. Pour le reste, le Festival du film amazigh, c’est aussi et toujours la compétition dans plusieurs catégories, notamment: long métrage fiction, court métrage, documentaire et animation. Un jury constitué de personnalités et de professionnels du cinéma décernera l’Olivier d’Or pour chaque catégorie. Cette année, pour rappel, le jury sera présidé par le scénariste et écrivain Akli Tadjer. Parmi les invités, on retiendra le nom de Moussa Haddad, réalisateur du film culte Les vacances de l’Inspecteur Tahar et assistant réalisateur de la Bataille d’Alger, Kamal Hamadi, auteur, compositeur, interprète et grande figure de la chanson kabyle, ainsi que Charles Nemes, réalisateur, scénariste et acteur français. Enfin, c’est la Roumanie qui est l’invité d’honneur à cette dixième édition du Fcnafa. Gageons que cette année sera des plus réussies.

O. HIND (http://www.lexpressiondz.com/article/3/2010-02-16/73134.html)

L’Algérie 1830-1962 Une passion française

En juillet 1830, quelques jours après que les troupes françaises du général de Bourmont sont entrées dans Alger, Charles X déclare : « Pour prendre Alger, je n’ai consulté que la dignité de la France; pour la garder ou la rendre, je ne consulterai que son intérêt ». Cent trente et un ans plus tard, le président de Gaulle, successeur lointain du roi affirme : « L’ Algérie nous coûte plus cher qu’elle ne nous rapporte (…) La décolonisation est notre intérêt, et par conséquent notre politique. »Jusqu’en 1961, la question n’a guère changé : que faire de l’ Algérie ?

Khelifa Hareb. Membre du Mouvement amazigh du Québec (MAQ) « Les Assegas Amegaz du maire de Montréal »

Les Montréalais d’origine amazighe ont été agréablement surpris par un inattendu « Asseggas Amegaz » du maire de leur ville, une première dans l’histoire de la métropole. A l’occasion de la célébration de Yennayer de l’année 2960 du calendrier berbère, une pleine page du quotidien gratuit 24 Heures a été consacrée à sa célébration. Khelifa Hareb, membre du Mouvement amazigh du Québec (MAQ) et initiateur de cette démarche en parle.
De notre correspondant

(Montréal, Canada)

Comment en êtes-vous arrivé à convaincre le maire de Montréal pour présenter les vœux à l’occasion du Yennayer ?

Premièrement, depuis l’alliance des quatre associations (Tafsut, Inas, le Centre amazigh de Montréal – CAM et Solidarité Québec-Kabylie) et les indépendants, essentiellement originaires d’Algérie et du Maroc, qui est née après la signature d’un communiqué pour manifester notre opposition quant à la dénomination « Petit Maghreb » d’un quartier montréalais, nous nous sommes structurés de façon horizontale et nous avons créé plusieurs commissions qui s’intéressent à la mise en valeur de l’amazighité, langue, culture et identité, à Montréal. Dans le cadre des activités de cette dernière, Mourad Itim (Tafsut), Lahcene Ameur (CAM) et moi-même à titre indépendant, nous nous sommes déplacés à l’Hôtel de Ville pour demander au maire de Montréal de concrétiser notre proposition qui consiste à présenter les vœux à la communauté amazighe montréalaise à l’occasion de Yennayer 2960, comme il l’avait fait pour d’autres communautés immigrant
es.

Cette tradition a été choisie parce que c’est une fête non religieuse, apolitique et partagée par tous les peuples de l’Afrique du Nord sans exception. Elle représente un événement séculaire qui nous unit, quelles que soient nos différences religieuse, linguistique, idéologique ou autres.

Vous êtes membre du Mouvement amazigh du Québec (MAQ). Pouvez-vous nous le présenter…

Le Mouvement amazigh du Québec est né grâce au dynamisme des indépendants du collectif mentionné précédemment, dont des Algériens et des Marocains. La structure et le fonctionnement du MAQ est exactement à l’image du Mouvement culturel berbère (MCB) en Algérie, avant le démembrement qu’il a subi après la fallacieuse ouverture démocratique, ou le Mouvement culturel amazigh (MCA) au Maroc. C’est une structure horizontale qui a pour but de manifester notre amazighité au sein de la société québecoise, à commencer par Montréal.

Vous avez aussi pu publier une page complète sur 24 Heures. Comment cela a-t-il été rendu possible ?

La page dans le quotidien 24 Heures a été le fruit de la rencontre des membres du collectif et des représentants des autorités municipales montréalaises à l’Hôtel de Ville. J’ai proposé au personnel de la mairie de fêter Yennayer à l’Hôtel de Ville, à l’instar des Amazighs parisiens qui le font depuis 2006. Malheureusement, la réponse a été négative et la raison avancée était que si l’on ouvrait les portes à ce genre de manifestations, on ne ferait que ça durant toute l’année, vu le nombre important de communautés culturelles à Montréal. Toutefois, ils nous ont proposé de concevoir une page dans un journal. Il était donc question de publier une entrevue avec une figure amazighe qui soit relative à Yennayer avec une figure amazighe montréalaise active et les vœux du maire. Notre choix s’est porté sur Tassadit Ould-Hamouda de Tafsut. En plus de cela, nous avons eu l’accord pour que le maire présente des vœux à l’occasion de Yennayer sur une
radio. Effectivement, c’est chose faite, le maire a dit : « Assegas Amegaz » à la communauté amazighe sur les ondes de la radio CFMB-1260 AM, à l’émission « Timlilit Imazighen » animée par Mourad Mehammeli et Madjid Benbelkacem.

Ces actions ont-elles eu de l’impact sur la perception qu’ont les Montréalais de la culture berbère dans leur ville ?

Oui. A titre d’exemple, plusieurs sites web ont repris les vœux du maire sur leurs pages d’accueil et l’enthousiasme a regagné les esprits même des anciens militants « retraités ». Le dynamisme se sent au sein de notre communauté amazighe à Montréal. Par ailleurs, la question amazighe ici à Montréal a changé de cap, elle sort de son ghetto : depuis 10 ans, Yennayer est fêté par nous et entre nous dans des salles de collège archicombles mais sans aller à la rencontre des autres communautés pour qu’elles sachent au moins qu’on existe. Enfin, il y a des militants qui sont rentrés dans des partis politiques pour que notre voix soit portée à un niveau de représentativité politique, ce qui est primordial pour qu’une communauté obtienne ses droits. Nous avons donc des éléments dans Québec solidaire, le Parti québécois et Le Parti libéral du Québec.

source : http://www.elwatan.com/spip.php?article150193

ENTRETIEN AVEC LE CHANTEUR CHAOUI DJAMEL SABRI (DJO)

Djamel Sabri, dit Djo, chef de file du légendaire groupe les Berbères, car c’est de lui qu’il s’agit, nous ouvre son cœur, son temple, son chez lui à Bougui (lire Oum El-bouaghi) où l’histoire du groupe et l’histoire de la ville sont étroitement liés. L’enfant terrible de Makomades semble faire partie du patrimoine aussi bien physique que moral de la ville et même de la région, et toute la cité le lui rend bien. Au café Khaliss, autour d’un café bien chaud, par un matin frileux de février, nous avons fait le chemin inverse d’une carrière exceptionnelle, celle d’un artiste militant, dont l’audace et la hardiesse n’ont pas de limites, pour devenir synonyme de défi, et cris quand il était interdit de rêver. Un entretien qui vire au dialogue amical, au monologue, au soliloque, à notre grand plaisir.

Le Soir d’Algérie : Depuis toutes ces années de combat, d’interdits, d’occultation… est-ce que vous vous êtes habitué ou du moins vous avez compris que c’est comme ça et pas autrement ?
Djo : Jamais, je n’ai jamais accepté le fait accompli et ce n’est pas maintenant que je vais le faire, pas à mon âge. J’ai connu le zèle et les zélateurs dès mon jeune âge. On m’a interdit la scène quand j’avais 11 ans, à l’époque de la fameuse émission «El Hadika Essahira» (le jardin enchanté). J’avais eu le tort et le malheur d’avoir voulu chanter une chanson en berbère (chaoui) Yemma El-Kahina. J’ai repris la chanson et en mieux à l’âge de 20 ans, et tu connais le succès de ce titre, pour te dire qu’il ne faut jamais abdiquer, car souvent – si ce n’est pas toujours – on a affaire à des subalternes, qui rajoutent pour plaire à leurs chefs. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et le temps me donne raison et sans me prendre la tête, encore moins m’habituer, à l’art sur commande.
Les mélomanes ont remarqué ton absence à la dernière édition du Festival de la chanson chaoui qui a eu lieu à Batna, au mois de janvier dernier. C’est dû à quoi ?
Rire. L’une des deux : ou je ne chante pas chaoui donc pourquoi m’inviter, ou je ne rentre pas dans un gabarit, une sorte de mesure, pour pouvoir prendre part à ce fameux festival. Je pense que c’est à la deuxième catégorie que j’appartiens. Entre nous, même invité je ne serai pas allé. La chanson chaoui (berbérophone) est devenue un tiroircaisse pour se servir sans jamais servir la culture millénaire, la nôtre. Moi, je ne mange pas de ce pain ; je ne me mélange pas à ça. Je sais aussi que certains jongleurs reprennent mes chansons sans mon autorisation. Je ne m’inquiète pas, ce ne sont que des imitateurs. Sans plus. Je n’ai rien à prouver, bien au contraire. J’ai appris et depuis longtemps qu’il y a une sacrée différence entre l’acte culturel et le remplissage, je ne lâche pas prise, je n’abandonne pas. Le respect se mérite.
Tu sembles venir ou sortir du passé, anachronique même, tu ne trouves pas ?
Peut-être bien mon ami. J’aime bien le passé ; je m y attache et en fin de compte, chaque instant est un pas vers la fin, pourquoi s’enflammer pour l’instant ? La flamme est en moi, je le sais. Un monde qui va vers l’illusoire ne m’intéresse pas. Si on parle musique, les proxénètes de la boîte à rythme se font appeler musiciens. Or, beaucoup, un bon nombre, ne font pas la différence entre rythme et tempo, le pouvoir de l’image, le financement de l’analphabétisme, gonfle les rangs des faux et le polaroid est maître. Je passe à la télévision, donc je suis.
Tu ne passes pas à la télévision justement, pourquoi ?
Tu te trompes d’interlocuteur, cette question est à poser aux responsables de la télévision. Et je ne te garantis pas qu’ils aient réponse ou réponses. Là aussi il y a une trame, et je ne rentre pas dans celle-ci. Je fais mauvais genre je crois, un peu mauvais garçon, je chante en berbère. Or, les gens ne le comprennent pas. On me demande de diluer, édulcorer. Et je le refuse. C’est à prendre ou à laisser. Cependant, il y a une chanson qu’on dit chaouia qui passe à la télévision, et moi qui est chaoui, je ne la comprends pas (mort de rire), Massinissa doit se retourner dans sa tombe. Quand j’entends ce genre de balivernes, je sue et j’ai honte. Il me vient à l’esprit le dernier album : Ajnouth aghmraïth( nuage intrus) : «ش Dieu pourquoi ces années de disette, pourquoi les saisons infécondes. L’obscurité est opaque et la médiocrité règne. Nous te prions Dieu, les mains levées, ô Dieu décharge-nous de ce poids Toi le Tout-Puissant, nous ne pouvons et nous devons accepter la soumission… » Je ne sais pas si un jour ils vont finir par comprendre, qu’un texte n’est pas une suite de mots, ou rime, mais plutôt une âme.
On doit quand même reconnaître que quatre albums pour une vie artistique c’est peu, depuis Yemma El-Kahina…
Quand je n’ai rien à dire, je ne dis rien, sinon au bout c’est la bêtise. Je ne fais que ce que j’aime, j’arrête net, dès que ça ne me plaît plus. Je suis très cœur, si je puisse dire, les hanches ce n’est pas mon truc. Je ne vends pas, je témoigne et je donne, sans attendre une contrepartie, ça ne veut pas dire que je suis gentil, c’est juste un principe. Nous avons formé le groupe les Berbères à Oum-El-Bouaghi dans les années 1980, je peux te garantir qu’à l’époque, certains de nos fans, ici ou à travers les Aurès, n’ont pas vu de toute leur vie une guitare électrique et c’était ça le défi. Ouvrir une brèche, montrer la voie, donner de la voix et crois-moi ce n’était pas une partie de plaisir. Parlez en chaoui, c’était mal vu, alors chanter relève du blasphème et pourtant c’est ce que nous avons fait, haut et fort, vaille que vaille. A l’époque, la mouhafadha du parti unique nous traitait de tous les noms d’oiseaux, c’était dur de supporter l’anathème sans pouvoir répondre, car nous n’avions pas d’autres espaces d’expression. Oui c’est peu, très peu, quatre albums depuis 1980, mais il faut le faire, en respectant le contexte, tu vas y laisser ta chemise mon jeune ami.
C’est pour quand le nouvel album ?
اa vient, il faut être patient. C’est un peu le poulet de grain et celui de la batterie, si tu veux de la qualité il faut travailler et donner le meilleur de soi-même. Le groupe reste fidèle et sincère, nous refusons de tomber dans la facilité et la boîte à rythme. Nous avons des textes, aussi bien les miens, que ceux de notre parolier El Hadj. Pour le moment, on ne s’est pas fixé une date de sortie de la nouvelle bobine, nous travaillons dessus au temple (local du groupe) et avec les moyens de bord. Du rêve, de l’amour, du pays, de l’espoir… Voilà ce que je peux te dire de la future bobine.
Les responsables des festivités et fêtes ont pris la décision de ne plus faire venir les stars égyptiennes aux différentes manifestations, qu’est-ce que vous en pensez ?
Il faut lire Jean de la Fontaine, le Corbeau et le Renard aussi bien l’ancienne que la nouvelle version. Moi je mange du frais, jamais de réchauffé. Les responsables des fêtes ou feintes (rire) toute honte bue croient pouvoir nous leurrer par ce coup d’épée dans l’eau. Ils ont invité des quidams qu’ils ont nommés stars ( moutrab el kabir) à qui ils ont versé des millions et des millions, par complexe d’infériorité, en se cachant derrière la fraternité et autres chimères, mais les masques sont tombés. Les stars en ersatz se sont bien moquées de nos respectables et respectés représentants, qui jurent de ne plus se faire avoir, mais c’est trop tard. Loin de la lumière et des feux de la rampe, des artistes dans le Grand Aurès ont été occultés du Festival de Timgad, qui se passait chez nous, rien que pour céder la place aux «derviches». Nous ne l’oublierons jamais.

R. H.

Propos recueillis par Rachid Hamatou
LE SOIR D’ALGERIE

«L’Algérie continue à reprocher à la France des silences sur l’époque coloniale»

interview

Des députés algériens viennent de déposer une proposition de loi visant à «criminaliser» la colonisation française. L’historien Benjamin Stora constate que les contentieux mémoriels se sont aggravés entre les deux pays.

Par SYLVAIN MOUILLARD

Comme un écho ironique. Il y a cinq ans, des parlementaires français votaient une loi vantant le «rôle positif» de la colonisation française, «notamment en Afrique du Nord» (une disposition finalement abrogée un an plus tard). Certains de leurs homologues algériens évoquent aujourd’hui les «crimes» de la période coloniale française.

Un groupe de 125 députés algériens, de différents partis, vient de déposer au Parlement une proposition de loi pour «criminaliser» le colonialisme français. «Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux», a expliqué un député FLN.

Une initiative vivement condamnée par plusieurs membres du gouvernement français. Eric Besson, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, la «regrette», alors qu’Hubert Falco, le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, la juge «particulièrement inquiétante», «incompréhensible» et «outrancière».
L’exécutif algérien ne s’est pas prononcé

Le député UMP Thierry Mariani a même demandé le report de la ratification d’une convention franco-algérienne, finalement adoptée dans un climat tendu mardi matin. Le patron des députés Nouveau centre, François Sauvadet, a demandé «une clarification de la part du gouvernement algérien sur cette initiative», qualifiée de «pas acceptable».

Finalement, c’est le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner qui a tempéré l’atmosphère en soulignant que «l’exécutif algérien n’a aucunement pris position sur cette proposition, son inscription à l’ordre du jour n’est donc pas certaine».

L’historien Benjamin Stora, professeur à l’université Paris 13 et auteur en 2009 de l’ouvrage «Le mystère De Gaulle. Son choix pour l’Algérie» (Robert Laffon), revient sur ce «contentieux mémoriel».

Dans quel contexte historique s’inscrit ce dépôt d’une proposition de loi sur la criminalisation de la colonisation?

Benjamin Stora. Ce n’est pas nouveau. Depuis 2005 et l’épisode du «rôle positif» de la colonisation, il y a l’idée en Algérie d’opposer à cette loi française une autre loi. Le projet a circulé entre les différents états-majors politiques. Il a disparu, a été amendé. Aujourd’hui, il réapparaît alors qu’on approche d’une échéance politique importante, avec le prochain congrès du FLN en mars.

La situation est-elle différente cette fois?

Personne n’a eu accès au texte original ou amendé, on ne sait pas vraiment ce qu’il réclame. S’agit-il de réparations financières, symboliques, d’excuses politiques? Est-ce que des faits sont établis, ainsi que des dates, des personnes? Tout cela reste très général.

Comment peut-on caractériser les relations entre la France et l’Algérie?

Sur le plan économique, elles sont très bonnes depuis l’indépendance. Mais des contentieux mémoriels se sont développés et aggravés. Les autorités algériennes continuent à reprocher à la France des silences sur la séquence historique qui va de la conquête de l’Algérie à la guerre d’indépendance. Mais il faut aussi noter certains discours d’ambassadeurs français, en 2005 et 2008, au cours desquels les massacres de Sétif (1945) ont été reconnus et caractérisés. Il y a donc eu des réponses françaises, mais pas d’examen critique de la séquence coloniale dans son ensemble. Et la barrière symbolique d’examen critique de la guerre, des années 1954-1962, existe toujours.

Comment a été perçu le discours de Nicolas Sarkozy à Constantine en octobre 2007?

Le président français avait alors condamné le système colonial au sens large. En Algérie, on avait perçu ce discours comme contradictoire avec celui prononcé à Toulon en février 2007, évoquant la mission civilisatrice de la France.

Quels sont les points dont l’Algérie souhaiterait discuter avec la France?

Elle souhaite une reconnaissance de la nature du système colonial, des massacres, mais également de la guerre. Notamment des massacres dans le Constantinois en 1955, de la bataille d’Alger en 1957, de l’utilisation du napalm, ou des conséquences sur les populations des expériences atomiques dans le Sahara.

Quel impact ce genre de discours a-t-il dans la société algérienne?

Ce discours très nationaliste a fini par atteindre la société elle-même. Elle y est très sensible. On semble l’oublier en France, mais plusieurs centaines de milliers de personnes sont mortes pendant la guerre d’Algérie. D’un côté, ce nationalisme politique reste très vivace. Mais dans le même temps, existe un sentiment dans la société algérienne que ce discours nationaliste est instrumentalisé à des fins politiques.

Comment analysez-vous les réactions des responsables politiques français?

Elles sont liées à la guerre d’Algérie. La droite l’a approuvée, la gauche – avec la SFIO de Guy Mollet – l’a menée, en votant même les pouvoirs spéciaux. Mais il existe aussi en France une tradition politique de refus de la guerre et de la torture. Cinquante ans plus tard, les acteurs politiques s’inscrivent dans ces différentes traditions. On a encore du mal à réaliser un consensus minimal sur la colonisation et l’indépendance de l’Algérie. Le problème, c’est que ce dissensus des mémoires freine le travail historique.

source : http://www.liberation.fr/monde/0101618566-l-algerie-continue-a-reprocher-a-la-france-des-silences-sur-l-epoque-coloniale