LA GROTTE ECLATEE (Yamina MECHAKRA)


Yamina MECHAKRA

La Grotte Éclatée.

Alger : SNED. 1979

Pages 173-174

Yamina Mechakra

4 Juin 1962

Cinq heures du matin. Un soleil rouge et ruisselant se levait derrière les collines.

La caravane s’immobilisa au bord de la frontière. Je glissai de la fourgonnette. Debout, le soleil dans le dos, le vent dans les cheveux, la main sur mon cœur, je me dis tout bas mon pays et ma maison, ma grotte et ma peine.

Quelque part dans le monde, une autre femme peut-être, debout sur une autre frontière priait pour la dernière fois.

Je laissai tomber mon bras puis je me déchaussai.

De mes pieds couverts des cratères du napalm, mes pieds nus et carbonisés, je foulai avec douceur la terre brûlante de mon pays.

Je fis un pas. puis un autre, puis encore un autre. Les cailloux me déchiraient la peau. Les ronces m’égratignaient, j’eus soif, j’eus mal à la tête et m’évanouis.

Quand je me réveillai, j’étais allongée au pied de la fourgonnette, le cadavre castré me passait un peu d’eau sur le visage. Il devait être midi. Je lui demandai de verser un peu d’eau fraîche sur le cercueil métallique. Kouider devait suffoquer.

Mon fils tendait l’oreille à la voix du poète, qui le tenait dans ses bras.

Je laissai la caravane gorgée de milliers d’émigrés sur la route de Tébessa et partis avec le poète, le cadavre castré et Rima à la recherche d’un arbre nu et déchiré, mort debout, au pied duquel dormaient ma grotte et mes amis.

Je le vis au bout de ma route, les bras levés vers le ciel.

Face à mon arbre, je cessai de respirer et le regardai avec mes yeux mêlés aux yeux de Kouider.

Je m’approchai de lui et glissai mes lèvres sur son écorce rugueuse.

Il avait survécu à mes amis. Il était ce quelque chose qui avait poussé dans ma mémoire quand ma grotte mourut, il était l’unique quelque chose qui me parlait encore de mes amis J’y accrochai maceinture.

Le sol ne trahissait plus l’existence de ma grotte.

J’arrachai une motte de terre. Je l’emporterai avec moi à ARRIS. Je la déposerai dans une jarre et j’y planterai des marguerites.


Les Compagnons de Taberdga

Les compagnons de TaberdgaCe récit : les compagnos de taberdga a été porté à l’écran sous le titre « Les déracinés »

A ceux qui ont eu le privillège de se partager le djebel, unis et entraînés par l’immense vague d’amour et de sérénité des baroudeurs, A ceux qui, le soir, dans leur lit, se retrouvent prisonniers d’une nostalgie qui leur colle à la peau, je dédie ce livre…(4ème de couverture)

PETITION du COMITE VERITE ET JUSTICE SUR L’ASSASSINAT DE LOUNES MATOUB

MATOUB LOUNESDix ans après le lâche assassinat de Lounès MATOUB, le 25 juin 1998, malgré des demandes de justice incessantes et une pression permanente de l’opinion nationale et internationale, les pouvoirs publics n’ont engagé aucune démarche susceptible d’aider à élucider le meurtre d’un symbole régional et national rebelle du long combat pour l’identité et la langue amazigh, la liberté et la démocratie en algérie. Loin s’en faut ! Le pouvoir n’a cesse de manœuvrer tour à tour à travers ses institutions de sécurité et l’appareil judiciaire et ses relais politiques locaux implantés en Kabylie pour tantôt désigner d’office le (s) assassin(s) par voie médiatique et extrajudiciaire et tantôt par l’intox à l’égard de sa famille, ses amis et de toutes les personnes éprises de justice pour faiblir les convictions et lasser par l’usure la population notamment la jeunesse dépossédée depuis 10 ans de son rare porte-voix et celui des démunis et des laissés pour compte.

Dix après cet assassinat suivi d’émeutes ayant fait trois jeunes victimes, une audience pour traiter de l’affaire de l’assassinat de Lounès MATOUB est programmée dans l’opacité, en catimini, en pleine période estivale, par le tribunal criminel de la cour de justice pour le 09 juillet 2009 ; nous signataires du communiqué ci-dessus exigeons instamment la réouverture immédiate du dossier de l’affaire de l’assassinat de Lounès MATOUB :

– Convoquer et auditionner tous les témoins oculaires et autres de l’assassinat ;
– La reconstitution des faits en présence des témoins de la scène de l’assassinat ;
– Confier l’étude balistique à un bureau d’experts indépendant ;
– Convoquer toutes les personnalités et responsables politiques algériens auteurs de déclarations autour de l’assassinat.

Comme nous demandons :

– L’arrêt immédiat des pressions, intimidations et menaces à l’encontre des membres de la famille de Lounès MATOUB et de la fondation éponyme ;
– La protection des témoins ;
– La restitution des effets et objets personnels dérobés du véhicule de Lounès MATOUB après son assassinat.

TIMGAD LES DEGATS DU FESTIVAL

THËATRE ANTIQUE

THËATRE ANTIQUE

APRES FESTIVAL

APRES FESTIVAL

FIN FESTIVAL

FIN FESTIVAL

DANSER MAINTENANT…

Le rideau est tombé (au sens propre) sur la dernière soirée du dit festival international de Timgad( édition x) l’heure est aux bilans. Ça tiens de l’impossible car il n y a aucun chiffre, aucune donné, pour faire ou réaliser le moindre diagnostic, à part peut être constaté les dégâts de toutes sortes, et surtout les préjudices causés au sein de la ville antique et plus particulièrement au théâtre antique, sur le mur de soutènement. Après le brouhaha et vacarme nommé festival, la ville retrouve un soupçon de calme et de quiétude, mais avec des dégâts et stigmates visible à l’œil nu.

Si les services d’hygiène, d’embellissement, de surveillance, de garde, de la mairie de Timgad, sont mobilisés bien avant le départ et l’ouverture du festival, mais surtout pendant le festival, la ville de Timgad, ne touche pas UN DINAR des rentrées (si rentrées il y a) de la caisse du festival, pour la simple raison, que le fête est organisée certes à Timgad, mais n’appartient pas à la localité. C’est l’office national des fêtes (les moqueurs disent feintes) qui empoche le pactole. Ce n’est pas X FILES mais le festival international de Timgad.

les responsables se contentent de formules bien intentionnées, sans trop se prononcer ou sans se prononcer du tout, ce n’est pas le cas, des membres de l’association des amis de Timgad, qui eux n’ont pas attendu la fin du CARNAVAL (comme ils disent) pour tirer la sonnette d’alarme, mais surtout tirer à bouler rouge, sur l’idée même de l’organisation d’un festival , sur un site en souffrance, après les vols , les pillages subit, et bien sûr les éditions précédentes, dans les préjudices sont irréversibles, les organisateurs , font la sourdes oriels, n’écoutent personnes, en dépit des alertes et avertissement , des plus hautes instances universel, et associations mondialement connues et reconnue, pour les combats menés afin de préserver le patrimoine universel, dont Timgad fait partie. Peine perdue le festival a eu lieu, et aura certainement lieu, dans la même cacophonie, désordre et casse. Il y a cette esprit de quartier ou de Houma( je ne vise personne) qui fait croire aux organisateurs du festival, ceux qui viennent( qui descendent d’Alger) qu’ils disent , nous sommes en Algérie profonde ( PARDI) et chaoui de surcroit : Nous sommes EDOULA , combien même THAMUGADI( corrige moi stp M HADDAD) est patrimoine international, on la gère comme un parking sauvage et c’est le cas.

C’est loin des regards de certains vigiles saisonniers , qui travaillent à l’intérieur de la ville antique, mais qui ne semblent s’intéresser qu’a la chasse aux couples, au lieu, d’ouvrir l’œil, pour débusquer de nouveaux braconniers, les voleurs de la mémoires, qui opèrent à la lumière du jour, et qui n’hésitent point à creuser, à la recherche de prétendus trésors. Qu’un jeune élément de l’association de Timgad, nous guide. Il nous mène au musées fermé depuis une dizaine d’année, il n’a plus rien à étaler ; les pièces les plus précieuses ont étés dérobées, et ce ne sont certainement pas des sanctions à la va vite, qui vont restituer les pièces rares. Derrière le théâtre antique une hécatombe, qu’on prend soin de cacher, comme une plaie. Des éboulements, causer par les spectateurs qui débordent, le nombre de personne peut atteindre 5000 spectateurs et même plus, alors qu’en réalité, il n y a que 700 places. En cas d’incidents grave, qui va assumer, personne ne sait. Une ancienne galerie, transformée en lieu de soulagement (voir photo) le temps d’un festival et la liste des aberrations et langue, trop langue. Il n y a pas l’ombre d’un doute, à ce train, et rien n’indique que ça va changer, l’Aurès, considéré comme un musée à ciel ouvert, est entrain de perdre ; des empreintes laissées par l’Homme depuis la nuit des temps, le tombeau Imedghassen ( tombeau berbère) en souffrance après des travaux douteux, Timgad subit les affres à chaque festival, et bien d’autres lieu de mémoire, livrés à eux-mêmes , où les pilleurs agissent en toute impunité. On n’est pas loin, mais en plein fable (la cigale et la fourmi) si nous continuons à chanter à Timgad, arrive un jour ou nous danserons, mais sur les décombre. Qu’on se le dise.

 

Rachid HAMATOU